INTERVIEW AVEC ESTELLE REVAZ

Interview avec Estelle Revaz

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Dans le milieu culturel, les réactions indignées se multiplient après les annonces « incompréhensibles » du Conseil fédéral vendredi. La violoncelliste valaisanne Estelle Revaz alerte sur la situation qui devient « désespérée ».

Alors que les musées peuvent ouvrir et que des autorisations spéciales ont été accordées aux offices religieux, les portes des salles de cinéma, des théâtres et des salles de concerts resteront closes. Ces inégalités de traitement, qui n’ont été étayées par aucune explications concrètes, suscitent une large incompréhension dans les milieux culturels.

« J’ai l’impression que c’est extrêmement discriminant pour la culture. C’est incompréhensible », regrette Estelle Revaz, interrogée dans le 19h30. À 31 ans, la violoncelliste, qui enseigne également à la Haute Ecole de Musique Kalaidos à Zurich, commence à accuser le poids de l’incertitude.

« Ça fait des mois qu’on est ballottés, qu’on travaille des heures dans le vide. Quand un concert est annulé, ce sont des mois de travail et de préparation qui tombent à l’eau », se désole-t-elle.

Le streaming ne remplace pas le live

Pourtant, « contrairement à ce que beaucoup disent, la culture joue un rôle essentiel. Elle permet à la société de supporter ces semaines extrêmement pénibles », analyse-t-elle.

Pour la musicienne, les alternatives comme le streaming ne peuvent en aucun cas remplacer les concerts en direct. « Juste avant le deuxième confinement, j’ai fait un concert en Allemagne. J’ai joué pour 50 personnes masquées, dans une salle de 800 », raconte-t-elle. Et malgré cela, « c’était un moment extrêmement émouvant ».

Pour Estelle Revaz, il faut d’urgence que les politiciens prennent la mesure de l’importance de la culture. « J’ai envie de leur dire: ‘par pitié, prenez conscience de la gravité de la situation! »